Il y a tout ce qu’il faut pour faire un bon Dortmunder : un lieu inaccessible où il s’agit d’entrer, un « trésor » difficile à voler, des personnages de gag, des « bandes rivales » qui s’ignorent… mais le bouquin se traîne, parce que Westlake fait du Westlake. Le pire étant Murch, qui n’ouvre pas la bouche pour autre chose que pour débiter des itinéraires. Habituellement, ça me fait rire. Là, c’est tellement systématique que c’est lourdingue. On retrouve d’autres romans à peine recyclés, en moins drôle, comme dans l’épisode du kidnapping, qui rappelle en beaucoup moins bien Jimmy The Kid. L’intrigue s’effiloche, on en perd des bouts au fil du roman, et des personnages avec, dont la copine de Kelp, une certaine Anne Marie qui a de l’idée et un certain sens des mondanités, une fille plutôt sympathique. C’est elle qui branche la bande sur Jim Green, le recycleur d’identités, un type qu’on oublie même quand on l’a devant les yeux. Une assez bonne idée, ce personnage, lui aussi perdu en cours de route.

Bref, un roman bien ficelé. Mais surfait. Juste un roman de gare. Un Westlake très moyen. Pas un désastre, non, ni même, espérons-le, les premiers pas sur le sentier qui y mène. M’enfin, pour un début d’année, c’est pas un grand cru… mauvaise piquette.