Quant à Belle du Seigneur, c’est un roman dans la veine des années trente, où on rencontre essentiellement Ariane, Solal et Adrien Deume (et la mère Deume, qui dit « s’il vous polaît ». Dans mon souvenir c’est toujours à la deuxième personne du singulier mais je chipote). Sur 850 pages, ça ne fait pas beaucoup de personnages, mais hein, on ne peut pas non plus tout relire avant une émission, sinon, vous voyez pas le boulot ?

Pour résumer : Ariane et Solal sont deux toxicos, Cohen aussi (normal, puisqu’il se projette dans son personnage masculin). C’est intéressant. Ça donne une idée profonde de la nouveauté de ce roman, et de la façon dont il s’inscrit dans une somme romanesque inconcevable pour l’époque où elle a commencé à être publiée. Et si le producteur n’a pas le temps de relire ne serait-ce qu’UN roman complet de l’auteur qu’il traite, c'est qu'il a d’autres chats à fouetter, sans doute ?
Mais c’est un bon diagnosticien. Il aurait dû être docteur. L’aurait pu me soigner. Parce que moi, je suis furax. Et je m’interroge sur l’hypertrophie de sa vanité, qui l’a autorisé à s’emparer d’une émission prestigieuse et profonde, et de tant d'œuvres idem, pour en faire cette guimauve rance. Avec la bénédiction d’un directeur. Sic transit gloria mundi, vanitas vanitatum etc… dans le genre concentré, on peut toujours se consoler avec les pages roses.