Près du puits se trouvaient des désespoirs du peintre. Des petites fleurs minuscules, si légères qu’elles étaient toujours frissonnantes. Pour tenter de contredire leur nom, je tentais de les peindre mais c’était effectivement désespérant. Trop petites, trop légères. Je renonçais ; mais je pris l’habitude de saisir mes pinceaux pour représenter des coquelicots, des roses, des narcisses. C’était quand même un peu plus concluant. Juste des fleurs peintes, mais aussi le souvenir ému de mes grands-parents, le parfum de l’enfance, l’envie que le monde soit ouvert, généreux, coloré, porteur de promesses et de beauté. Des espoirs du peintre que je ne deviendrais jamais.

Mais écrivain, il l’est devenu, car il fait resurgir la saveur d’une époque et de ses gens. Et il a su trouver son peintre. On y sourit, la larme à l’œil parfois. Havre de lecture émue au cœur d’un samedi ensoleillé. Merci, les filles !


C'est chez Thierry Magnier.

Et les fleurs sont celles du jardin de Mirella. Sentez-vous l'odeur exquise du seringa ?