Finir Les chaussures italiennes, de Mankell, dans le hamac, avec le soleil sur l’épaule par-dessus la crête du toit et, à travers le pommier et le frisson des feuilles du bouleau, le ciel, bleu intense ou colonisé de nuages effilochés, c’est un fragment de bonheur.

Tout le monde a dû déjà écrire que c’est un  très beau roman, je le lis tard. Une histoire de retour à la vie, à l’amour, à l’amitié, à la justesse préférée au mensonge, au repentir qui sait trouver le pardon, au passé qui soudain donne sens au présent, au lieu de l’étouffer. Une île reculée de la Baltique, avec sa vieille maison intouchée depuis la mort des grands-parents, un petit lac rond perdu et oublié dans une forêt du Norrland, une forêt habitée de marginaux idéalistes, industrieux et inventifs, la voix puissante et bouleversante d’un facteur hypocondriaque, une nuit d’été, et la mort omniprésente. Et la plume de Fredrik Welin quitte son journal ponctué depuis douze ans de notes météorologiques ou botaniques pour conter sa renaissance hésitante et éblouie.

C’est un beau roman, humaniste, mélancolique, serein.