De la Grésigne au Nord du Limousin, le bord de la route est ponctué de chênes. C'est un bonheur pour l'œil, un réconfort.


Un peu de Queneau, donc, pour entamer l'année comme je l'ai quittée. C'est Chêne et Chien (1952), étrange « roman en vers » qui est le récit poétique de la psychanalyse de Queneau - à la fois « chêne » (quesne, ou quêne en normand), et chien (quen). Abject, et sublime. J'adore le poème qui clôt la seconde section de cet ouvrage, et dont voici quelques passages :

Chêne et chien voilà mes deux noms,
étymologie délicate :
comment garder l'anonymat
devant les dieux et les démons ?[…]

Le chêne lui est noble et grand
il est fort et il est puissant
il est vert il est vivant
il est haut il est triomphant.

Le chien se repaîtrait de glands
s'il ne fréquentait les poubelles
Du chêne la branche se tend
vers le ciel. […]

...
Le chien redescend aux Enfers.
Le chêne se lève — enfin !

Il se met à marcher vers le sommet de la montagne.

Et que l’élan des chênes soit en vous pour l’année qui s’ouvre…