Le « ***concept*** » en est simple : une ou des voix, posées, caractéristiques, une diction impeccable. un commentaire sobre et intelligent... et des textes littéraires, dont on goûte la saveur et les histoires qu’ils content. Le tressage des voix, des archives, des textes, des musiques est parfait. Hier, c’était de la poésie féminine. J’ai entendu des textes d’Anna de Noailles (roumaine), Renée Vivien (anglaise), un magnifique poème de Marguerite Yourcenar (Belge), des textes et interviews d’Andrée Chedid (Libano-égyptienne) – les origines des auteurs sont là, au passage, pour souligner ce que la littérature française contemporaine doit à la francophonie.

Quel bonheur si cette émission dure toute l’année ! C’est de la VRAIE radio. Ça change de toutes ces voix pseudo-adolescentes, naïves, hésitantes, faussement enjouées voire hystériques, ou trompeusement graves et pénétrées de l’importance de leur propos, qui rabâchent, dans la langue la plus relâchée possible, du débat ou de la pensée en tranches du matin au soir et du soir au matin. Ce pourquoi je n’écoute quasi plus la radio que j’écoutais autrefois en perfusion, France Culture, où désormais les voix pressées et arrogantes de jeunes ( ?) gens dans le vent débitent de la bonne pensée au kilomètre, sur un habillage mode, « djeun’ »*. Ni générosité, ni sobriété.
Brèfle. Tout ça pour dire que j’espère que nombreux sont les auditeurs de Ça Peut pas faire de mal – je le crois, car depuis j’en ai entendu parler par des amis. Belle émission, plaisir simple, et fécond.

* L'honnêteté m'oblige à dire cependant que j'ai écouté l'autre jour avec intérêt et plaisir l'écrivain Bruno Tessarech - dont j'ignorais jusqu'à l'existence - parler avec  sym-pathie et intelligence, "de l'intérieur", en quelque sorte, des romans de guerre de Sagan, auteur dont je ne raffole pas, et qu'il m'a donné envie de lire.